Vue d’ensemble

Les recherches sur la proximité:

 Les analyses en termes de proximités ont apporté, à partir du milieu des années 1990, un renouvellement certain des réflexions dans le champ de l’économie régionale ou spatiale. Situées à l’origine à la confluence de l’économie industrielle et de l’économie spatiale (Rallet et Torre, 1995), ces approches ont tout d’abord été dédiées à des questions telles que les coopérations interentreprises, les localisations d’activités, les processus d’innovation, la constitution de clusters, les gouvernances locales, sur lesquelles elles portaient un regard nouveau. La principale originalité en est la mise en évidence de deux ou trois grandes catégories de proximités : la première est la proximité géographique, qui est essentiellement d’origine spatiale. On trouve également la proximité organisée, qui met l’accent sur l’organisation des acteurs et leurs projections, et parfois la proximité institutionnelle, qui concerne le rôle joué par les processus institutionnels dans les dynamiques économiques.

Les recherches ont alors essentiellement porté sur des sujets liés aux activités productives : ancrage territorial des firmes, questions d’innovation et de transfert des connaissances dans l’espace, problématique des Tics, analyse des systèmes productifs localisés et des collaborations entre firmes, régulations territoriales, processus institutionnels et, de manière générale, sur l’ensemble des modes de coordination (interactions, réseaux, coopération, confiance, règles, normes…) à l’œuvre entre des acteurs situés à proximité ou à distance. La méthode a consisté à explorer ces objets d’étude grâce à la confrontation entre les élaborations théoriques et des recherches de terrain souvent très poussées

Cette approche s’est progressivement élargie dans les années 2000. La préoccupation pour les processus organisationnels, toujours présente, a conduit à la prise en compte de nouveaux champs d’analyse, avec les questions de transport, d’environnement, d’emploi, de développement durable, d’aménagement du territoire, de politique de la ville…. Puis de nouvelles disciplines se sont intéressées à ces problématiques et/ou ont été conduites à reprendre ou transposer quelques-uns des outils analytiques définis dans les travaux en termes de proximités. C’est en particulier le cas de certains sociologues, psychosociologues, politologues, gestionnaires, aménageurs ou géographes, qui retiennent les notions fondatrices du courant de pensée ou adhèrent à tout ou partie de l’appareil analytique développé par ce qu’il est maintenant convenu d’appeler les analyses (ou l’école) de la Proximité (voir par exemple Grossetti 2008 pour la sociologie).

Les recherches sur la proximité ont été initiées par le groupe « Dynamiques de Proximités », créé en 1991, qui a pour objectif d’approfondir l’étude des relations de proximité et de leurs principales caractéristiques. La grammaire initiale de la proximité lui est due, ainsi qu’une bonne partie des recherches actuellement menées sur le sujet, en particulier dans le monde francophone. Outre des centaines d’articles publiés sur le sujet, ce groupe a poursuivi une activité de production d’ouvrages collectifs, qui ont pour objet de faire le point sur les recherches en cours et de lancer de nouveaux programmes de recherche (voir par exemple RERU, 1993 et 2008 ; Rallet et Torre, 1995, 2006 et 2007 ; Bellet et al., 1998 ; Gilly et Torre, 2000 ; Dupuy et Burmeister, 2003 ; Pecqueur et Zimmermann, 2004 ; Torre et Filippi, 2005 ; Boschma, 2005 ; Talbot et Kirat, 2005 ; Carrincazeaux , Grossetti, Talbot, 2008).

Le groupe « Dynamiques de Proximités » a par ailleurs organisé des Journées de la Proximité, qui visent à faire le point sur les recherches menées dans le domaine, sans exclusion de thèmes, de disciplines ou d’écoles de pensée. Ces journées se présentent sous la forme d’un colloque, qui donne lieu à échanges et débats et débouche sur des publications individuelles ou collectives (le plus souvent des numéros spéciaux de revues). Elles se sont successivement tenues à Saint-Etienne, Toulouse, Bordeaux, Paris, Marseille, et Poitiers. Les sixièmes Journées de la Proximité, qui se sont déroulées à Poitiers en Octobre 2009, ont permis de mettre en évidence la vitalité des recherches dans le domaine, ainsi que la diversité des débats et des apports sur le sujet.

L’internationalisation des recherches et le succès de la thématique ont conduit à confier l’organisation des Septièmes Journées à l’équipe Mosaic de HEC Montréal, marquant ainsi à la fois un élargissement géographique et disciplinaire de l’approche des proximités. Dans le cadre de ces journées, la créativité et l’innovation seront à l’honneur. Au-delà de cette thématique prioritaire, les propositions de communication pourront s’inscrire dans les thématiques récurrentes du groupe.